Bockel et la motion 4, un socialisme pragmatique, moderne et innovant en Anjou

Dans le 49, le blairisme est aussi une idée neuve

En Maine-et-Loire, nous sommes aussi confrontés à la hausse du chômage et de la précarité : Georges Rech, ACT, Thierry Mugler, augmentation de la grande pauvreté.

Pourtant, ne confondons pas le dignostic et les remèdes.
Seule une économie de marché crée de la croissance.
Seule, la croissance permet de financer la solidarité.
Seule, la croissance permet de financer la formation continue notamment des gens les moins qualifiés.
Seule la croissance permet de financer l'éducation et la recherche.

Avec Bockel et la motion 4, soyons fier d'un socialisme efficace et solidaire !
Le parti socialiste, à Angers, dans le Maine-et-Loire ne doit pas se laisser dicter sa ligne de conduite par l'extrème gauche ou par Attac49. Attac 49 a fait campagne pour le non. Le PS doit être fier d'avoir fait campagne pour le Oui au référendum sur la Constitution européenne.
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# Posté le vendredi 07 octobre 2005 08:51

Modifié le lundi 14 novembre 2005 07:07

Livre de Michel Rocard, article du Monde

Michel Rocard règle ses comptes avec le socialisme à la française
LE MONDE | 06.10.05 | 13h31 • Mis à jour le 06.10.05 | 14h00

Il est libre, Michel Rocard, libéré de toutes les contraintes que suppose la conquête du pouvoir. A 75 ans, l'ancien premier ministre, aujourd'hui député européen, peut donc régler ses comptes. Il le fait dans un duo surprenant avec le journaliste-écrivain Marc-Georges Benhamou, dernier confident de François Mitterrand, pour un livre-entretien paru jeudi 6 octobre sous le titre Si la gauche savait .


Les deux hommes avaient, à l'origine de leur rencontre, caressé l'idée d'un film pour le centenaire du socialisme en France. Mais, faute d'avoir trouvé une chaîne de télévision intéressée, le projet s'est transformé en livre-dialogue qui s'est déroulé de septembre 2004 à juin 2005. Deux mois plus tard, en août, Michel Rocard provoquait un beau charivari en évoquant dans Le Nouvel Observateur une scission au sein du PS...

Avec une grande liberté de ton, le père de la "deuxième gauche" livre encore bataille. Contre la "première" gauche de Mitterrand, bien sûr, qu'il n'a cessé de combattre et dont il voit la patte sur la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne. Au soir du 29 mai, affirme-t-il, "c'est Guesde (...) le marxiste qui a gagné" contre Jaurès, dont il fait un "père fondateur de la deuxième gauche" . A cette aune, Henri Emmanuelli incarne selon lui "l'anti-Jaurès" . Laurent Fabius, lui, serait l'héritier direct d'un Jean Poperen, l'"ennemi intime" auteur de la formule assassine "Rocard d'Estaing" et inventeur d'un "langage" : "un mélange de populisme jusqu'au-boutiste, de radicalisme irréaliste, avec une touche d'ouvriérisme lyrique" .

"Ces derniers temps (...), insiste M. Rocard, nous y étions en plein. Fabius a tenté de capter cette tradition." Plus loin : "Poperen, c'est un peu Fabius en plus construit, mais avec le même cynisme." Le rocardien poursuit de ses foudres le mitterrandien "commis d'office au congrès de Metz - en 1979 - pour m'assassiner" et qui l'accueille pour son entrée à Matignon, en 1988, par ces mots : "Il n'y a pas beaucoup de grand dessein là- dedans." Michel Rocard a son "parler vrai" : "Je lui aurais cassé la gueule !" , dit-il.

Après Fabius, et hormis la figure centrale de Mitterrand, dans l'échelle de détestation il y a Jean-Pierre Chevènement, "le seul Français capable de parler de la République avec des mots qui font horreur à n'importe quel citoyen vraiment démocrate" . Et puis il y a les autres. Michel Rocard n'épargne personne. Lionel Jospin, qui "fait semblant d'oublier" qu'il a été dans le même mouvement scout que lui ­ "je crois même qu'il a été mon éclaireur" , glisse-t-il ­, est un "Juste" , "honnête" mais "profondément mitterrandiste de culture" et "socialement CGT" . "Le problème avec Jospin, c'est qu'il n'a pas les neurones flexibles" , écrit Michel Rocard qui révèle avoir été candidat, en 1997, au poste de ministre des affaires étrangères et avoir essuyé un refus du premier ministre.

Pierre Joxe est un "drôle de zèbre" , peut-être déclencheur de l'affaire Urba... Jacques Delors a beau être "de la deuxième gauche jusqu'à la moelle" , il "n'est pas un familier". "Il se considère un peu comme mon paternel ; à l'époque, c'était plutôt un adversaire dans la tactique. Delors se méfie de moi. Il ira même, à la fin de mon mandat au Plan, jusqu'à interdire à l'Insee et à la direction de la prévision de répondre aux demandes d'informations de ce ministère. Ça ne s'était jamais vu dans l'histoire de France. Je sentais le soufre." Quant à Martine Aubry, il dit s'en être rapidement "méfié" .

Pour l'ancien dirigeant du PSU, revenu au PS après avoir raté Epinay, et "l'OPA" sur le parti que lui ravit, selon lui, François Mitterrand, le passé éclaire le présent. C'est en revenant sur ses pas que Michel Rocard se dévoile, à la fois retors et naïf, toujours au coeur de l'événement (la guerre d'Algérie, Mai 1968, puis au pouvoir...) sans jamais avoir été maître du jeu.

L'une des pires périodes de sa vie, expose-t-il, a été de diriger le PS un an, de 1993 à 1994, avant d'échouer aux élections européennes, sans parvenir à transformer le parti : "Mitterrand avait, au nom de sa première gauche, conceptualisé le fait qu'il ne fallait pas que je m'occupe du parti, pour que celui-ci évite de devenir intelligemment réformiste." Il récuse l'étiquette de "socialiste de droite" , mais trouve une "tripe sociale" à l'UDF. Au bout du compte, il perd la bataille dans le parti, assure-t-il, "à cause des fabiusiens et des orthodoxes emmanuellistes" . En 2003, il sera écarté de la direction, puis investi de justesse en 2004 pour les élections européennes par un François Hollande dont il ne dit mot. Il reste cependant membre de sa majorité

Aux origines de son amertume, il y a "les humiliations, les ostracismes" qu'il dit avoir subis entre 1974 et 1979 et qu'il décrit avec outrance : "Nous avons été canonnés à bout portant. Entre nous, on se disait qu'être rocardien au PS c'était comme de porter l'étoile jaune ­ la confusion peut être répugnante, mais elle donne l'ambiance."

Au fil des anecdotes, Michel Rocard finit par dresser le procès d'un PS qu'il qualifie, après plus de trente années de militantisme ininterrompu, de "mauvaise exception" dans le paysage européen. "Les socialistes français sont différents des autres, en quelque sorte handicapés, et cela dès l'origine."

Il fournit pour explications la naissance tardive du socialisme après la bataille républicaine des droits de l'homme, et la charte d'Amiens de 1906 qui consacre l'indépendance du mouvement syndical. "Le PS français, écrit-il, restera un petit parti qui tout au long de son histoire va se limiter à rassembler quiconque a envie d'être conseiller municipal, ou plus, et quelques curieux." Il conclut par cette curieuse confession sur lui-même : "Bien sûr, j'aurais eu du plaisir à devenir président de la République, mais je n'ai aucune certitude que j'aurais été un aussi bon président que j'ai été un bon premier ministre..."
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# Posté le vendredi 07 octobre 2005 08:44

L'échec du référendum signifie l'échec d'un socialisme qui n'a pas su réformer à temps ses concepts et ses pratiques

L'Express du 06/06/2005

L'échec du référendum signifie l'échec d'un socialisme qui n'a pas su réformer à temps ses concepts et ses pratiques

Les Français ont tranché: ils ont refusé le traité constitutionnel européen. Un non bigarré est devenu majoritaire. Proféré tantôt au nom de la nation, tantôt au nom d'un «mieux» espéré.


La crise est donc ouverte. Le divorce entre l'opinion publique française et l'actuel modèle européen est désormais consommé.


A gauche, les raisons d'une telle coupure paraissent toutes trouvées: le peuple ferait payer à l'Europe sa dérive libérale et au socialisme ses choix réformistes. Une gauche radicale et alternative serait appelée à conduire les luttes futures. Son credo est l'appel à l'Etat, seul garant de l'intérêt général, et le refus de l'encadrement social-libéral du marché.


Mais croit-on vraiment aux bienfaits d'une recomposition anticapitaliste et antilibérale rêvant d'administrer l'économie et la société, alors même que les pays anciennement totalitaires rejoignent avec espérance un espace de libre développement économique, de progrès social, de régulation politique et juridique?


Osons le dire: l'échec du référendum signifie au contraire l'échec d'une gauche insuffisamment réformiste. L'échec d'un socialisme qui n'a pas su réformer à temps ses concepts et ses pratiques. En se pliant sans cesse à la mythologie de la radicalité et à l'imaginaire national, républicain, teinté de marxisme, on a rendu impossible toute transformation des mentalités. Et, ainsi, toute relation avec la marche de l'Europe et du monde. Oui, l'extrême gauche a bien paralysé nos têtes et nos langues.


Aujourd'hui, le plein-emploi, la hausse du pouvoir d'achat, l'amélioration des services publics et la lutte efficace contre l'exclusion et la pauvreté sont des réalités pour la Grande-Bretagne, la Suède ou le Danemark. Et pourtant aucun de ces pays n'a pour cela fait le choix du dirigisme d'Etat. Tous ont su s'adapter aux nouvelles dynamiques sans renoncer à leur ambition de justice et de cohésion sociale. A travers des voies différentes, ils ont articulé libéralisation du marché du travail et sécurisation professionnelle, réaffirmant le rôle volontariste de la puissance publique tout en modernisant ses formes d'action.


Cette crise est l'occasion d'un choix résolu. Détournons-nous de ceux qui, voulant tout, n'obtiennent rien. Osons enfin un discours de vérité permettant au socialisme de lier sens des réalités, responsabilité et ambitions transformatrices. Il y a des défaites qui doivent donner l'occasion d'un sursaut. L'heure est au combat et à l'espérance.
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# Posté le jeudi 06 octobre 2005 17:01

Discours de Jean-Marie Bockel

Mes chers camarades, pourquoi une motion pour un socialisme libéral ?

Notre motion articule une ambition de rénovation en profondeur de notre pensée politique et un certain nombre de propositions concrètes qui pourront utilement contribuer au projet socialiste dans la perspective de 2007.

Pourquoi le socialisme libéral ? Parce que le rejet du traité constitutionnel s’est ajouté à la crise que traverse notre pays, économique, sociale, politique, pour témoigner de l’insatisfaction grandissante, voire la colère, c’est vrai, du peuple, parce que nous avons désormais, mes chers camarades, une obligation de résultat.
Sans que nous devions ici confondre les symptômes et les remèdes, rien ne fonde les appels à une politique anticapitaliste et antilibérale. Rien ne justifie la nécessité d’un prétendu coup de barre à gauche. Où va-t-on, au-delà de nos frontières que le choix d’un Etat centralisateur, dirigiste et égalitaire garantisse le succès économique, le renouveau du modèle social et la vitalité démocratique ?

Social-libéral parce que ni le socialisme de gestion, souvent honteux et inabouti, ni le socialisme de contestation, toujours vigoureux, mais vide d’action, n’ont pu suffisamment incarner nos ambitions de progrès social et d’émancipation partagés ; parce que seul un discours de vérité est aujourd’hui à la mesure des enjeux, parce que seul, il nous donne les leviers pour agir concrètement, parce que dire ce que l’on va faire et faire vraiment ce que l’on dit suffirait presque à la rénovation du socialisme français ; parce que nous devons partir de la pratique et non de la théorie, et qu’en Europe, la social-démocratie nous montre ici et là, et pas simplement dans tel ou tel pays, que la croissance fondée sur l’innovation, le plein-emploi, la hausse de pouvoir d’achat, la lutte contre la pauvreté, l’éducation, la vitalité de services publics rénovés et la santé du pacte social constituent de plus en plus des réalités ; parce que tous ces pays proposent des compromis, d’ailleurs divers, entre liberté et solidarité, dynamiques individuelles et régulations collectives, initiative de la société civile et volontarisme d’Etat ; parce que, à force de confondre libéralisme et ultra-libéralisme, nous devenons aveugles au monde et incapables d’agir sur lui. Nous nous résignons à un Etatisme convenu, nous oublions les possibilités d’un État-Providence rénové.

Les outils d’une politique progressiste doivent changer parce qu’il nous faut un socialisme transformateur, un socialisme des libertés, réconciliant l’idéalisme et le pragmatisme en prise aussi sur le monde d’aujourd’hui.
Alors, socialiste libéral, socialiste, parce que nous devons opposer au rapport de force et à l’injustice la nécessité d’une émancipation partagée avec pour fins la justice, la protection sociale, la réduction des inégalités et la promotion des solidarités grâce à une action collective et volontariste.

Libéraux : nous défendons la liberté, la responsabilité individuelle, l’autonomie de la société civile. Oui, le socialisme et le libéralisme peuvent se fondre pour mieux s’accomplir. C’est ce que disaient d’ailleurs les premiers penseurs socialistes, il y a cent ans déjà, bien avant que le beau mot de libéralisme ne soit accaparé et dévoyé par les ultra-libéraux, et au passage diabolisé par les néo-marxistes. Je pourrais citer le réformisme de Jaurès, le social-libéralisme de Rossetti. Je développe cette dimension historique dans notre motion.

Etre socialiste libéral, c’est partir du monde tel qu’il est pour le rendre meilleur. Ce n’est pas dire qu’un autre monde est possible, c’est faire jouer les possibles de notre monde, ici et maintenant.

Voilà qui demande d’abord de regarder le monde en face, la vérité est la condition de l’action véritable parce que nous ne sommes ni ultra-libéraux, ni communistes, nous devons reconnaître et assumer l’ambivalence du capitalisme et de l’économie de marché, ils sont à la fois le meilleur et le pire.

Comme socialistes libéraux, nous reconnaissons le rôle du marché, lieu de production des richesses à partager. Nous assumons la concurrence, source d’innovation et de mobilité sociale. Nous encourageons l’autonomie, source d’épanouissement et de responsabilité, l’esprit d’initiative et d’entreprise, source de créativité.
Mais pour autant, nous croyons à l’importance des régulations, et nous ne nous satisfaisons pas d’un socialisme d’accompagnement. Non. Nous refusons une société de marché car nous avons le projet d’une société solidaire où le non-marchand a toute sa place.
Notre motion propose en conséquence, comme fondement du réformisme de gauche, un nouveau pacte social et une démocratie rénovée.

Des convergences existent, mes chers camarades, avec la motion présentée par François Hollande tout à l’heure, mais aussi en particulier sur le nécessaire renouveau de nos institutions avec les autres textes.

Mais c’est sur les questions économiques et sociales que l’originalité de notre projet nous distingue à ce point du discours de nos camarades, y compris de la majorité du Parti, que nous avons été incités à déposer aujourd’hui clairement une motion soumise au débat et au vote des militants.

Ainsi, sur l’emploi, ce seul exemple, nous proposons un certain nombre de pistes détaillées et concrètes, et l’esquisse, non pas de la copie d’un modèle qui, dans tel ou tel autre pays, fonctionnerait, non. On sait bien que les modèles ne sont pas transposables tels que, il n’est pas pour autant interdit de regarder ce qui marche. C’est pourquoi nous proposons l’esquisse d’une flexi-sécurité à la française dans l’idée, pour aller vers le plein-emploi, de mettre en place un certain nombre de pistes très concrètes comme le contrat de travail unique à durée indéterminée, dans lequel les droits relatifs à la protection de l’emploi et à l’indemnisation se renforceraient progressivement, un contrat dont l’unicité serait principe d’égalité sociale.

Nous développons également l’idée d’un compte mobilité pour chaque Français. Nous parlons, évidemment, de la réorganisation du service public de l’emploi avec les partenaires locaux. Nous proposons de moduler* le coût de l’assurance chômage de façon à faire payer le prix de leur pratique sociale à ceux qui abusent de la précarité, pour ne citer que quelques exemples. Nous développons longuement, comme d’autres motions, tout ce qui nous permet concrètement, nous ne l’avons pas fait, pas suffisamment, même lorsque nous étions aux responsabilités, malgré les bonnes mesures que nous ayons prises pour aller davantage vers l’économie réelle, la primauté à l’éducation, la lutte contre toutes les discriminations.

Je conclus, mes chers camarades, ni marginal ni droitier notre texte. Droitier par rapport à quoi ? Et à qui ? C’est quoi le maître étalon de la vraie gauche ? Qui déplace le curseur ? Qui a construit le logiciel ? Cela m’amuse évidemment, cette caricature, mais le jeu est pervers car on aura toujours quelqu’un plus à gauche que soi. Et si le critère à définir permettant de nous positionner prenait aussi en compte les effets durables sur la vraie vie des résultats de l’action menée, lorsque nous sommes en responsabilité et que nous nous préparons à y être ? Ni droitiers ni marginaux car, mes chers camarades, nos idées progressent dans le Parti, lentement mais sûrement, mais aussi dans l’électorat de gauche, ou potentiellement de gauche, ni séduit par l’UMP, ni même par l’UDF de Bayrou.

Là, je pense que, y compris dans les perspectives que j’évoquais tout à l’heure, notre réflexion, c’est aussi notre part de vérité au projet collectif, et vous l’avez compris, on entend se donner les outils.

# Posté le dimanche 02 octobre 2005 14:34